Comment se porte la planète finance ?

Depuis maintenant plusieurs mois, le quotidien des Français est bercé par les aléas et les effets yo-yo de la planète finance. La récurrence des informations tantôt bonnes tantôt mauvaises a fini
par engendrer une crise de confiance qui est aujourd’hui telle que certains chiffres donnent le tournis et que de réels dangers financiers et par voie de conséquence humains menacent désormais des familles, des entreprises ainsi que des collectivités locales…

La crise du crédit est-elle un corollaire de celle de l’immobilier ou bien est-ce l’inverse ? Dans tous les cas de figure, les deux vont de pair et infligent de concert des dégâts collatéraux comme se plaisent à dire les médias ! Car danger il y a ! Si ce n’était pas le cas, le Président Sarkozy ne claironnerait pas sur toutes les ondes qu’il souhaite que les conditions du crédit soient maintenues par banques et autres assurances. Pour générer de la confiance bien incertaine à engendrer des grands noms clament “La stabilité du système financier français” pour ne pas citer Henry Lecastre, le patron d’Axa.

En réalité, cette façade bien optimiste est censée d’une part faire oublier certains chiffres accablants et d’autre part trouver une solution à la périlleuse situation de près de 30 000 ménages français dont le prêt relais arrive à terme en Janvier 2009 et dont le bien immobilier “à vendre” n’a toujours pas trouvé acquéreur depuis de nombreux mois en vertu de la panique immobilière qui a saisi les consommateurs et les banques.

C’est une certitude, les banques ne se prêtent plus par peur de la solvabilité réelle des unes et des autres et la pénurie de crédit paralyse les transactions immobilières : c’est en grande partie pour cette raison que ces 30 000 foyers ne trouvent pas d’acquéreurs, car il y a bien des prétendants, mais même s’ils sont solvables, les banques refusent de prêter…..Le manque de liquidités fait défaut et on se demande si les banques centrales tiendront éternellement dans ce nouveau rôle d’injecteurs quotidiens de milliards pour maintenir le strict minimum de flux…

Toujours est-il que d’autres phénomènes négatifs sont des conséquences en cascade des blocages de crédit. Ainsi le nombre de dépôts de permis de construire a baissé de 20 % et celui des mises en chantier de 13 % pour passer sous la barre des 400 000 alors que le gouvernement en prévoyait 100 000 de plus. Médias et politiques français mettaient encore peu en avant les chiffres de nos voisins anglo-saxons et espagnols qui connaissent des baisses analogues, voire supérieures, pensant peut-être occulter les chiffres soupçonnés dans l’Hexagone qui éclatent désormais au grand jour. Certes, Paris n’a pas perdu 20 % de valeur immobilière comme certains quartiers de Londres, mais personne ne peut aujourd’hui prédire quels seront les chiffres de demain. Il ne faut pas non plus oublier nos collectivités locales qui ont réalisé pour 25 % de leurs encours contractés en 2005 des prêts dont l’articulation ressemble à celle des subprimes américains avec la particularité d’être adossés à la parité euro-dollar…Les prêts initialement réalisés à 3 % se retrouveraient aujourd’hui à près de 10 % en raison de la fragilité du billet vert….